Un datacenter n'est rien sans sa connectivité. L'architecture réseau qui relie les serveurs à Internet détermine largement la qualité de service : latence, bande passante, résilience face aux pannes d'opérateur.
Le transit IP
Le transit IP est l'achat de connectivité Internet à un grand opérateur (Tier 1 : Orange, Level 3, Tata, NTT). L'opérateur délivre un accès à l'ensemble d'Internet. Le datacenter paye au volume (Mbps) ou à l'engagement. C'est la connectivité de base.
Le peering
Arrangement bilatéral entre deux opérateurs ou un opérateur et un fournisseur de contenu (Google, Netflix, Facebook) pour échanger directement leur trafic sans passer par un transit payant. Le peering réduit les coûts et les latences. Les gros datacenters pratiquent le peering avec des dizaines de partenaires.
Les IXP (Internet Exchange Points)
Lieux physiques où de nombreux opérateurs se connectent pour peerer entre eux. France-IX à Paris, AMS-IX à Amsterdam, DE-CIX à Francfort, LINX à Londres. Être présent sur un IXP majeur permet de peerer avec des centaines de partenaires d'un coup.
La multi-homing
Un bon datacenter est connecté à plusieurs opérateurs indépendants. Si l'un a une panne, le trafic bascule automatiquement sur les autres. Pour cela, les datacenters exploitent le protocole BGP (Border Gateway Protocol) qui gère le routage Internet à grande échelle.
La bande passante
Les datacenters modernes opèrent avec des liens 100 Gbps, voire 400 Gbps sur les interconnexions backbone. Au niveau des clients, les VPS ou serveurs sont typiquement connectés en 1 Gbps ou 10 Gbps. La bande passante n'est généralement pas le goulet pour la plupart des applications.
La latence
Le temps qu'un paquet prend pour aller du client au serveur. Entre deux villes françaises, typiquement 10-20 ms. De Paris à New York, 80 ms. De Paris à Tokyo, 200 ms. La latence est plus critique que la bande passante pour les applications interactives (jeux, APIs, visio).
Les protections Anti-DDoS
Les attaques DDoS à plusieurs Tbps ne sont plus rares. Les datacenters de qualité disposent d'infrastructures de mitigation dédiées, capables d'absorber et filtrer les attaques avant qu'elles n'atteignent les serveurs clients. Service parfois en option, parfois inclus. Consultez notre article protection DDoS et mitigation.
La qualité du réseau : comment la vérifier
Outils comme traceroute et MTR révèlent la route empruntée et les opérateurs traversés. Un site bien connecté pratique un peering solide avec les fournisseurs de contenu majeurs. Faire un test depuis différents endroits du monde donne une idée de la qualité globale.
Les fibres optiques et câbles sous-marins
Les datacenters européens sont reliés à l'Amérique par des câbles sous-marins (Marea, Dunant, etc.). Un incident sur ces câbles peut impacter la latence mondialement. Les grands acteurs (Google, Facebook) investissent massivement dans de nouveaux câbles. Pour approfondir, consultez notre article CDN et haute disponibilité mondiale et notre guide complet de l'hébergement.